Solidarité et protection contre la montée du sexisme, la haine en ligne et la violence basée sur le genre

Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans un climat social où la misogynie et l’antiféminisme deviennent de plus en plus visibles et agressifs. En Europe, les discours réactionnaires et d’extrême droite gagnent du terrain. À travers les réseaux sociaux, les influenceurs en ligne et le masculinisme grandissant, les idées misogynes sont normalisées et diffusées.

Cette évolution n’est pas sans conséquences. L’Institut européen pour l’égalité des sexes a récemment montré que de plus en plus de jeunes hommes relativisent la violence psychologique, physique et sexuelle contre les femmes, la normalisent et pratiquent le blâme des victimes. Les réseaux sociaux renforcent ces tendances : les algorithmes récompensent la polarisation, l’humiliation et la haine, tandis que les campagnes de harcèlement en ligne sont de plus en plus organisées contre les femmes, les féministes, la communauté LGBTQI+, les personnes de genre divers. 

Nos syndicalistes féminines ne sont en aucun cas épargnées par cela. Celles qui s’impliquent dans le débat public sont de plus en plus confrontées à des réactions sexistes, des campagnes de haine en ligne et à l’intimidation personnelle. Ce n’est pas seulement une critique des positions syndicales, mais des tentatives délibérées de faire taire les femmes et de saper la légitimité de leur engagement.

Ces attaques visent souvent leur physique, leur crédibilité et leur droit à être visibles et combatives. L’objectif est clair : intimider les femmes, les chasser de l’espace public et ainsi affaiblir la lutte féministe et syndicale.

C’est précisément pour cela qu’il est aujourd’hui plus important que jamais que les femmes et les personnes de genre divers aient leur place dans notre mouvement syndical. Nos militants sont en première ligne du changement social et montrent que notre lutte syndicale est toujours inclusive, émancipatrice et appartient à tous.

Cependant, la visibilité sans protection n’est pas une participation complète. Les femmes syndicalistes qui s’engagent publiquement doivent pouvoir compter sur la solidarité, le soutien et une base collective forte. La FGTB a une responsabilité claire à ce sujet.

C’est pourquoi nous proposons les points d’action suivants :

1. Soutien inconditionnel et public : L’organisation apporte son plein soutien à tous les syndicalistes victimes de ces attaques. Aucun.e syndicaliste ne devrait se sentir isolée face à la violence basée sur le genre, le sexisme ou la haine en ligne.

2. Protection : La FGTB, avec ses bureaux des femmes et ses organisations partenaires externes telles que l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes, s’engage à réfléchir concrètement sur la manière dont nous pouvons mieux signaler, surveiller et combattre ces formes de violence. Nous étudions également l’élaboration d’un protocole de protection comprenant une ligne d’écoute, un accompagnement juridique, des conseils psychosociaux et un soutien en matière de sécurité numérique.

3. Responsabilité des médias : Ceux qui donnent une visibilité aux voix publiques portent également une responsabilité quant à la manière dont ces voix, en particulier les femmes et les personnes de genre divers, sont traitées — tant lors des entretiens que dans les espaces de commentaires en ligne.

4. Offensive contre l’impunité : Nous dénoncerons, avec nos militants, ceux qui profèrent des menaces ou prononcent des déclarations haineuses et sexistes.

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