Nous ne pouvons pas faire comme si nous n’avions rien vu : des manifestant·es gazé·es, des coups de matraque, des arrestations. Nous avons vu des jeunes, parfois mineur·es, souvent protégé·es par leurs profs qui elleux aussi ont été attaqué·es violemment et réprimé·es, interpellé·es et placé·es en détention pour avoir exercé un droit fondamental : celui de manifester.
Quand la réponse aux revendications sociales devient l’intimidation et la répression, c’est le droit de manifester qui est attaqué. Quand des mineur·es sont victimes de violences policières, ce n’est jamais anodin. C’est le signe d’un glissement inquiétant qui transforme la contestation sociale en menace à neutraliser.
Face à cette réalité, les Jeunes FGTB demandent qu’un soutien et une cellule juridique soient systématiquement disponibles lors des mobilisations avec une ligne téléphonique immédiatement joignable en cas d’arrestation. Nous demandons également aux centrales et aux régionales de renforcer l’accompagnement des jeunes militant·es, notamment dans le cadre des manifestations, par exemple, en mettant à disposition, en cas d’agression, un espace de rencontre avec du matériel de base tel qu’un kit de premier secours et de l’eau. Il est également essentiel de leur donner les outils nécessaires pour connaître et défendre leurs droits en tant que citoyen. Enfin, nous revendiquons la formation des permanent·es et des délégué·es aux droits des manifestant·es afin qu’ils et elles puissent être des personnes de ressource pour les jeunes mobilisé·es, et ce à chaque manifestation.
Il est dans notre intérêt que la jeunesse voit la “veste rouge” comme un symbole de sécurité et de soutien dans les moments de crise.
Au lieu d’installer un climat de peur, les gouvernements n’ont fait que révolter une fois de plus les citoyen·nes pour qui ils n’ont aucun respect. Dans ce contexte politique tendu, la réponse à la violence est donc de s’organiser plus que jamais en résistance.
Aujourd’hui, les jeunes cherchent de plus en plus à se mobiliser, nous contactent et veulent rejoindre notre syndicat. C’est une opportunité historique d’intégrer dans nos rangs une génération qui s’organise déjà hors du cadre syndical.
Pour répondre à cet appel et renforcer la place des jeunes dans notre organisation, les Jeunes FGTB formulent les demandes suivantes:
Nous demandons la libération effective des jeunes de centrales et régionales pour assister à la Commission Jeunes du fédéral, conformément à la décision du Congrès 2022. En effet, il est plus que jamais nécessaire que les jeunes générations se spécialisent dans la formation syndicale militante.
Nous demandons également l’organisation d’une journée nationale jeunes, à destination des jeunes affilié·es, délégué·es, militant·es mais aussi à destination de celles et ceux qui n’auraient jamais imaginé un jour descendre dans la rue mais comprennent aujourd’hui qu’iels peuvent devenir les syndicalistes de demain! Offrons-leur un nouvel espace qui réponde à leur volonté d’engagement politique et social, un nouvel espace pour les rassembler, les former et les organiser!
En se mobilisant spontanément comme ils l’ont fait ces dernières semaines, les jeunes ont montré qu’ils n’étaient pas prêt·es de baisser les bras. Montrons-leur qu’ils ont une place au sein de la FGTB. Qu’ensemble, jeunes et moins jeunes, on est plus forts !
