Ces derniers mois la lutte contre le gouvernement s’est intensifiée. Cette intensification est inéluctable.
C’est un véritable marathon contre les mesures antisociales du gouvernement que nous sommes en train de mener.
Une résistance qui ne faiblit pas :
En 18 mois, ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont été dans les rues et /ou qui ont fait grève. Du jamais vu au cours de ces dernières décennies. Est-ce que le mouvement s’essouffle, est-ce que nous avons besoin de plan plus durs ? tout cela doit être mûrement réfléchi, mais ne gâchons pas notre plaisir, ce plan jusqu’à présent, est une réussite en terme de mobilisation.
Continuer le combat :
Avoir autant de personnes à nos côtés et avec une compréhension de la population de plus en plus grande pour nos combats, doivent nous forcer à perdurer, à expliquer les enjeux, à expliquer nos victoires et à expliquer nos alternatives qui sont crédibles et payables. Un front toujours plus large :
Avoir un front le plus large face aux mesures du gouvernement est une nécessité. Un front commun large avec les autres organisations syndicales, avec les associations de la société civile, avec les politiques qui nous sont proches, avec nos collègues des mutualités notamment reste indispensable.
N’importons pas la violence chez nous : la fraternité et la bienveillance doivent nous guider. Les forces qui s’opposent à nous sont extrêmement virulentes. La violence est devenue la norme dans la communication notamment. Les attaques sur les réseaux sociaux, les attaques par les paroles, mais aussi quelquefois physiques sont notre lot quotidien. La culture du populisme, de la phrase assassine empêche souvent tout débat sur le fond, le respect du débat contradictoire n’est plus un principe en tout cas, à droite. Les réseaux sociaux, sans presque de filtre, remplacent de plus en plus souvent l’expression d’une information vérifiée, « fact checkée », pour utiliser un mot à la mode.
Des médias publics forts :
En cela avoir des médias publics forts, indépendants politiquement reste une nécessité absolue. Avoir une presse privée pluraliste, qui n’est pas aux mains de groupes financiers orientés politiquement, est également fondamental .
Ne jamais baisser la garde face au fascisme :
La lutte contre le fascisme est, elle aussi, indispensable. La violence de plus en plus régulière des propos de la droite « libérée » voir illibérale, voire fascisante finit par monter les citoyens les uns contre les autres. Leur propos désinhibées, banalisés sur le terreau de toujours plus d’inégalités et de haine.
Parfois, nous constatons qu’en notre sein, nous avons tendance à utiliser les mêmes techniques de « violence » pour nous exprimer, pour opposer quelquefois structure et délégués.
Ce congrès et l’occasion de rappeler le fonctionnement de la FGTB. Nous avons tous et toutes fait nôtres les devises « à la FGTB, j’ai mon mot à dire » et « ensemble, on est plus forts ». Ce sont des principes cardinaux de notre organisation.
Ces principes veulent que la discussion puisse avoir lieu dans chaque instance de la FGTB, au départ de la base et remontée pour, ensuite, donner lieu à un consensus le plus large possible. Chacun doit donc avoir l’espace pour réunir ses instances . La démocratie syndicale, c’est aussi, quand le consensus politique n’est pas possible, le respect des règles majoritaires.
Nous pouvons ne pas être tous d’accord, c’est clair. Mais jamais nous n’accepterons de personnaliser les discussions. Nos débats sont des débats d’idées pas des attaques ad hominem. Ces attaques nous divisent, nous bouleversent parfois de manière indélébile. Nous devons absolument tout mettre en œuvre pour transformer nos divergences en force.
Notre force, nous allons également la puiser dans le fait que lorsqu’une décision est prise, tout le monde se range derrière, qu’elle nous plaise ou pas.
La force de notre mouvement, c’est aussi qu’il soit structuré et discipliné. Forts des mandats que nous sommes allés chercher auprès de notre base, nous avançons ensemble.
Dans des temps aussi tumultueux que ceux que nous traversons, toute lutte intestine nous divise et nous affaiblit. N’appliquons pas en interne la violence que nous trouvons scandaleuse de l’autre côté des barricades.
Restons unis, rassemblons, et luttons ensemble contre nos seuls ennemis, le capitalisme, dont les deux mamelles sont un patronat de financiers (et pas entrepreneurs créateurs d’emplois) et l’Arizona particulièrement antisociale. Les derniers jours nous ont démontrés que même les accords conclus entre interlocuteurs sociaux n’étaient pas importants pour ce gouvernement.
Faisons de la lutte contre l’extrême droite notre quotidien, du renforcement de notre unité, du respect entre nous, quelle que soit notre place dans la structure, les trois éléments fondamentaux si nous voulons continuer à engranger des victoires.
Ne jamais oublier que le seul ennemi que nous avons est de l’autre côté de la barricade. Parce qu’à la FGTB chacun continuera à avoir son mot à dire, chacun portera des mandats, le consensus sera toujours recherché.
La démocratie sera garantie dans le respect de tous et c’est ainsi qu’ensemble on sera plus forts.
